Béruriers & Hurluberlus

Accueil > Usage du monde > Trouver la bonne formule

Trouver la bonne formule

mercredi 12 janvier 2011, par Berhu

Publiée par le magazine Télérama avant l’appel au “bank run” de Canto et avant le “plan d’aide” (85 milliards d’euros) aux riches créanciers des banques irlandaises, cette publicité m’a tout de suite tapé dans l’œil.

Peut-être est-ce dû à un reste de fascination adolescente pour l’univers médiéval-fantastique dont l’illustration, une sorte d’installation alchimique distillatoire, est inspirée.

Manque au tableau l’alchimiste d’aujourd’hui (le conseiller fiscal), qui lui ne convertit plus le plomb en or mais la rente en argent.

Puis l’aversion pour ce service bancaire à l’attention des nantis (et qui tend à se développer pour les classes moyennes supérieures) m’a fait scanner la page.

« optimiser votre fiscalité ». Ben voyons.

Le financement des mécanismes de solidarité c’est pour les autres ! Pas vous ! Soyez plus malin que la moyenne ! Entubez le fisc en toute légalité grâce nos « experts » qui connaissent la « la bonne formule ».
C’est ça optimiser sa fiscalité !

L’idée générale se confirme sur le site gestionprivee.banquepopulaire.fr

Dans un environnement juridique, fiscal et financier mouvant, il est indispensable aujourd’hui de s’appuyer sur un panel d’expertises capables de vous préconiser des solutions à long terme. [1]

Dans le même style, on peut lire dans un article du Monde d’hier (Les impôts, c’est pour les petites gens) une citation de Tom Walsh, vice-président du département impôts de la société Thomson Reuters. Société qui a mis au point un logiciel d’optimisation fiscale :

Ces outils d’information sont nécessaires pour respecter les réglementations dans un univers fiscal en constante mutation

L’« environnement juridique, fiscal et financier » « mouvant », voilà une sophistication bien pratique pour séparer le bon grain de l’ivraie. D’un côté, ceux qui payent simplement leurs impôts, de l’autre, ceux capables de se payer les service d’un « expert ».

Au petit détenteur de patrimoine l’offre d’optimisation fiscale de la Banque Populaire. Pour Liliane (30 millions de remboursement du fisc au titre du bouclier fiscal, en mars 2008) ce sont les sociétés Thétys & Clymène qui travaillent à descendre son taux d’imposition en dessous de celui d’un cadre.

C’est ainsi qu’en toute légalité les Liliane de ce monde peuvent se retrouver à payer 5 millions d’impôts pour 600 millions de revenus, soit un taux d’imposition inférieur à 1%. [2]

L’alchimie fiscale fonctionne ! Le citoyen n’y vois que du feu.
Sous la pression libérale : Les plus riches s’enrichissent et les acquis sociaux s’évaporent.

Pour tenter d’enrayer la mécanique économique au service des rentiers, misons sur la proposition du professeur Lordon : opérer une « désophistication de la finance » :

[...] Voilà pourquoi l’objectif intermédiaire d’une transformation des structures de la finance consiste en sa désophistication. Il est temps d’envisager une sérieuse désescalade en matière de complexification financière, dont il apparaît au travers de maintenant trop nombreux épisodes, qu’elle n’a jamais tenu ses promesses les plus idéologiquement affichées (« l’innovation financière stimule la croissance »), que les services rendus sont d’une minceur extrême rapportée à l’inflation spéculative pure qu’elle nourrit en fait [...], et qu’elle a au total beaucoup moins d’avantages que d’inconvénients – pollution spéculative, instabilité chronique, complète perte de contrôle des risques, violents accidents récurrents, déstabilisations consécutives de l’économie réelle, etc. Dans cette perspective de la désophistication de la finance, le départ des traders virtuoses privés de bonus n’est plus du tout un problème : il est une partie de la solution. [3]

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.